valmy une canonnade fondatrice

Il s'agit d'une des batailles les plus célèbres de l'histoire de France, pourtant la victoire de Valmy en 1792 ne fut qu'une grosse escarmouche entre la jeune armée de la République et les troupes d'invasion prussiennes.

 

Retour sur une curieuse bataille, à la fois salvatrice et fondatrice.

 

La France ayant déclaré la guerre à l'Autriche, accusée de soutenir les émigrés exilés aux frontières de la nation, l'armée des coalisés prussiens et autrichiens a fait son entrée sur le territoire et marche sur Paris.

 

L'armée française est totalement désorganisée, de nombreux officiers, nobles, ont fait désertion ; certains d'entre eux ont même rejoint les rangs des émigrés qui étoffent l'armée d'invasion. Désorganisée par l'absence de nombreux officiers, soumise à des tensions entre partisans de l'ancien Régime et révolutionnaires, confrontée à de régulières désertions, l'armée de France a subi plusieurs défaites en Belgique et s'est de plus montrée incapable de résister à l'avancée de l'armée austro-prussienne.

 

 

Les Français prennent position sur le plateau de Valmy

 

Commandée par le Duc de Brunswick, celle-ci remporte bataille sur bataille depuis son entrée en Lorraine, s'emparant notamment de Longwy et Verdun ! Les troupes de Brunswick avancent  inexorablement sur Paris, marquant toutefois une courte pause à Châlons-sur-Marne. 

 

Simultanément deux armées françaises ont fait route à marche forcée pour barrer la route aux envahisseurs : l'armée de Dumouriez majoritairement composée de gardes nationaux inexpérimentés et celle de Kellermann qui arrive en renfort depuis Metz.

 

Les Français prennent position sur le plateau de Valmy, une butte qui leur offre l'avantage d'une situation dominante en équerre pour couvrir mutuellement les deux corps d'armée, mais aussi quelques inconvénients préoccupants : une exposition maximale à l'artillerie ennemie pour les troupes de Kellermann et la quasi-impossibilité d'une retraite en bon ordre si les choses tournent mal...

 

Si le commandement français comprend immédiatement le danger de maintenir une telle position, le déclenchement de l'offensive prussienne ne leur laisse pas le temps de se réorganiser.

 

Brunswick a parfaitement analysé la situation et compris l'avantage que lui procurait la situation des troupes hexagonales !

 

Duel d'artillerie !

 

La bataille commence par un violent échange d'artillerie, avant l'inexorable assaut austro-prussien après quatre heures de pilonnage. Ceux-ci sont plus de 80 000, alors que les Français n'opposent qu'un peu plus de 30 000 hommes au sein desquels se mélangent volontaires fraichement recrutés et soldats de métier.

 

Mais les Français, parfaitement harangués par Kellermann ne reculent pas, attendant vaillamment leurs adversaires, baïonnettes au canon et Marseillaise aux lèvres. Au pied du moulin de Valmy, le Général aura ses mots célèbres : " Camarades, voilà le moment de la victoire ; laissons avancer l’ennemi sans tirer un seul coup de fusil, et chargeons-le à la baïonnette."

 

L'armée française alors avance en rang serré, ses soldats vocifèrent "vive la nation" dans une clameur assourdissante. Dans le même temps l'artillerie française pilonne l'avant-garde ennemie qui s'arrête soudainement (20 000 boulets furent tirés par les canonniers français durant cette courte bataille). Le Duc de Brunswick ordonne le repli de ses troupes ; Kellermann, conscient de son infériorité se garde bien d'ordonner la poursuite des Austro-prussiens, préférant sagement conserver ses positions.

 

Les Autrichiens tenteront bien une seconde offensive dans l'après-midi, mais une fois encore la résistance et surtout la farouche détermination des troupes de Kellermann auront vite raison du timide assaut rapidement conclu par une nouvelle retraite.

 

Épilogue et conséquences

 

Étrangement, l'armée prussienne quitte le territoire français dans la foulée, malgré des pertes insignifiantes.

 

Les Français ont perdu à peine 300 hommes durant la bataille (tués et blessés confondus), alors que les Austro-prussiens comptent à peine 180 victimes ! Des chiffres totalement anecdotiques, en particulier si on les compare à ceux de la bataille de Gravelotte qui se déroulera 80 ans plus tard à quelques dizaines de kilomètres de Valmy.

 

Il semblerait que l'invasion de la Pologne par une coalition entre la Russie, l'Autriche et la Prusse ait constitué une nouvelle priorité pour l'Autriche et la Prusse.

 

Quoiqu'il en soit cette victoire et le repli des forces germaniques ont offert un important répit aux révolutionnaires, ainsi qu'une véritable légitimité amenant quelques semaines plus tard la Convention Nationale à proclamer l'abolition de la Monarchie et la République.

 

Cette victoire fondatrice aura aussi pour conséquence de démontrer l'utilité de la conscription et la valeur d'un soldat luttant pour sa patrie avec une ferveur le rendant aussi - si ce n'est plus - valeureux qu'un mercenaire expérimenté.

 

Quelques courtes années plus tard, Napoléon Bonaparte illustrera sur de nombreux champs de bataille la valeur de l'armée française ainsi constituée, et ce lors de véritables batailles et pas de simples canonnades...

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