La bataille de Thermopyles

480 avant JC, 300 braves se dressent contre l'immense armée perse. Ce sont les Spartiates de Léonidas, en face plus de 200 000 hommes, l'immense armada du grand roi Xerxès, bien décidé à conquérir toute la Grèce...

 

Popularisée par le cinéma, l'héroïque résistance des Grecs constitue un des plus grands exploits militaires de l'antiquité, même si en réalité, les dévoués soldats du roi Léonidas étaient plus nombreux.

 

En matière de bataille durant l'antiquité, il est souvent difficile d'avoir une vision précise des faits et surtout des effectifs des armées engagées sur le champ de bataille. Si les forces en présence du côté grec sont connues, celles des Perses sont sujet à débat, il semble toutefois qu'un relatif consensus se dégage aujourd'hui grâce aux travaux topographiques réalisés au début du siècle dernier par le chercheur anglais John Maurice, qui a démontré que les ressources naturelles sur le terrain ne permettaient pas d'assurer la subsistance d'une armée supérieure à 200 000 hommes. Un nombre corroboré par des études plus récentes, loin des cinq millions annoncés par Hérodote...

 

La revanche de Marathon

 

En ce début de V siècle avant JC, les guerres médiques font rage. Dix ans plus tôt une coalition de cités grecques a infligé, à Marathon, une terrible défaite à Darius Ier, le père de Xerxès (portrait à droite). Celui-ci ne veut pas subir le même sort que son père et va préparer avec soin des mois durant son invasion, constituant une immense armée appuyée par une flotte tout aussi considérable. Des préparatifs minutieux dont les Grecs vont inévitablement prendre connaissance...

 

Les cités grecques se réunissent à Corinthe, sous la présidence de Sparte, la plus puissante des cités. Les intérêts de la majorité de celles-ci convergent - pour une fois - même en ce qui concerne les deux influentes et éternelles rivales, Sparte et Athènes. C'est qu'il faut faire vite, les Perses ont franchi l'Hellespont et déjà conquis le nord de la Grèce et même la Thessalie. L'armée de Xerxès se rapproche dangereusement du cœur de la Grèce et du Péloponnèse.

 

Le commandement de l'armée est confiée à deux Spartiates, le roi Léonidas 1er commande les troupes terrestres et Eurybiade la flotte.

 

 

Le défilé de Thermopyles

 

L'armée grecque marche au devant de son ennemi au début de l'été en 480 av. JC. C'est une coalition de soldats envoyés par les principales cités d'environ 6 000 hommes, très inférieure en nombre aux 200 000 Perses qui s'avancent. Parmi ceux-ci, les 300 hoplites spartiates qui vont entrer dans la légende...

 

Incapables de s'opposer à l'armée adverse dans les conditions d'une bataille classique, les Grecs choisissent de se retrancher au sein du défilé de Thermopyles. Ces gorges très étroites dans lesquelles se trouvent des sources chaudes ne dépassent pas quelques mètres de largeur à certains endroits. D'autre part il s'agit du seul point de passage pour le centre de la Grèce.

 

L'étroitesse du défilé constitue une opportunité unique de contrecarrer l'énorme supériorité numérique des Perses.

 

La Marine grecque stationne pour sa part à Artémision avec pour ambition de barrer la route à l'Armada achéménide, là encore très supérieure en nombre. Une mission essentielle visant à couper Xerxès de son indispensable soutien et ravitaillement.

Léonidas, un stratège... prêt au sacrifice !

 

Superstitieux comme ses concitoyens, Léonidas a consulté le célèbre Oracle de Delphes sur l'issue de la bataille qui s'annonce. La prophétie a indiqué que les Grecs pourraient l'emporter si... leur roi mourrait.

 

Pour l'heure, les deux armées se font face ! Xerxès ne juge même pas utile de donner l'assaut immédiatement, persuadé que les quelques milliers de soldats hellènes vont finir par s'enfuir. Cinq jours durant, le grand roi attend, mais nulle débandade en face ; au contraire l'action conjuguée d'une tempête et d'Eurybiade ont causé de sérieuses pertes à la flotte perse, rendant inévitable une victoire rapide.

 

Les Perses se lancent à l'assaut mais les fantassins grecs, organisés en phalange - une formation très serrée derrière laquelle les soldats bien protégés par leur bouclier peuvent utiliser leur longue lance - contiennent les assaillants infligeant de nombreuses victimes à ceux-ci. La première journée se solde par une victoire totale de Léonidas.

 

Une résistance héroïque

 

A l'aube du deuxième jour, Xerxès lance ses Immortels, une troupe d'élite composée de 10 000 hommes qui sont systématiquement remplacés par un nouveau combattant lorsque l'un d'eux tombe donnant l'impression à leurs adversaires d'être immortels. 

 

C'est une furieuse mêlée, mais une fois encore les Grecs résistent. La phalange ne rompt pas, quand un homme tombe, un autre prend sa place, permettant au mur d'acier des boucliers de rester infranchissable. A la nuit tombée, des milliers de Perses gisent sur le champ de bataille ; les forces grecques sont quant à elles intactes.

 

Xerxès et ses soldats sont découragés, le grand roi s'isole pour réfléchir, d'aucuns envisagent déjà un repli. Mais le sinistre Ephialtès s'apprête à trahir. Peut-être par cupidité, le citoyen de Malide révèle aux Perses l'existence d'un sentier niché dans les collines permettant de contourner le défilé et ainsi prendre à revers les forces de Léonidas.

L'ultime bataille

 

Léonidas a anticipé cette manœuvre et affecté un millier soldats phocidiens à la garde du sentier d'Anopée. Mais ils vont être contraints de se replier face à la supériorité numérique des Perses qui peuvent dès lors encercler l'armée de Léonidas.

 

Le roi spartiate réagit rapidement, il décide garder avec lui ses 300 fidèles hoplites, ainsi que 700 soldats de Thespies, quelques Lacédémoniens et Thébains, renvoyant le reste de l'armée pour permettre aux Grecs de poursuivre ultérieurement le combat. 

 

En se sacrifiant, Léonidas espère laisser le temps à ses compatriotes d'organiser la défense du pays.

 

Étrangement, le déroulement de l'ultime bataille est sujet à controverse. Certains, à l'image d'Hérodote, affirment que les Grecs seraient sortis du défilé pour défier leurs adversaires dans un ultime baroud d'honneur. D'autres pensent que Léonidas et ses soldats auraient attaqué par surprise l'immense armée perse, peut-être de nuit.


Acculés, submergés par le nombre, les Grecs se réfugient sur le Mont Kolonos pour résister jusqu'au dernier !

 


D'après les historiens de l'époque il n'y aura eu aucun rescapé, Léonidas étant pour sa part tombé au combat. Il est en effet possible que les quelques survivants ait été passé au fil de l'épée. Une pratique certes contraire aux traditions militaires de l'époque, mais qui survenait parfois au gré de la colère d'un vainqueur ayant perdu trop de temps et d'hommes...


Conséquences


Xerxès aurait perdu 20 000 hommes dans la bataille de Thermopyles, un temps précieux, le moral de ses troupes abattu par la résistance d'une poignée de Grecs et une importante partie de sa flotte à nouveau décimée, cette fois à Salamine par Thémistocle.


Avec une armée encore largement supérieure en nombre, il poursuivra ces conquêtes, prenant Thèbes, Thespies et Athènes, abandonnée par sa population, qu'il dévastera. Sa flotte anéantie, il doit néanmoins rentrer en Perse, laissant une grande partie de l'armée sous le commandement de Mardonios.


C'est toutefois une armée aux pieds d'argile qui reste en Grèce, malgré l'importance de ses effectifs, elle sera battue deux fois successivement par une nouvelle coalition des cités grecques , à Platée et Mycale. En 479 av JC, les derniers rescapés de l'immense et conquérante armée perse quittent la Grèce.


Xerxès n'y remettra plus jamais les pieds.

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Commentaires: 1
  • #1

    Nathalie84 (jeudi, 17 mars 2016)

    Il est vraiment très interessant votre site, bravo !